Cameroun : une vision partagée des changements à opérer pour une mise en œuvre effective de l’APV-FLEGT par les différentes parties prenantes

28.06.2019
APV-FLEGT, Cameroun

Dans le cadre de la revue conjointe de l’APV entamée en mars 2019 par les deux principales parties signataires (Cameroun et Union Européenne), deux importants ateliers, l’un de validation du bilan fait de l’APV depuis sa signature en 2011 (tenu du 17 au 18 avril 2019) et l’autre d’élaboration d’une feuille de route (17 au 20 juin 2019) ont permis aux différentes parties prenantes de la mise en œuvre du processus, de partager une meilleure vision commune afin de fixer les orientations nécessaires à sa mise en œuvre effective au Cameroun.

A la suite de l’atelier national d’échanges et de synthèse avec les parties prenantes sur les avancées et les défis de l’APV tenu à Mfou (Yaoundé) les 17 et 18 avril 2019, la feuille de route de la revue conjointe prévoyait un ultime atelier pour élaborer de concert un plan d’action plus réaliste de mise en œuvre de l’APV.

Ce dernier atelier, tenu à Mbankomo (Yaoundé) du 17 au 20 juin 2019, a vu la participation d’une quarantaine de représentants des administrations camerounaises concernées (PM, MINFOF, MINREX, MINEPDED, MINTSS, MINEPAT, MINJUSTICE, MINCOMMERCE, MINFI, MINDCAF, MINIMIDT), des organismes anti-corruption camerounais (CLCC, CONAC, ANIF), des organisations de la société civile (TRAFFIC, FERN, CED, FODER, SAILD, CEFAID, AJESH, CJAD, ASBAK, …), des institutions de recherche (CIFOR, CIDT, UDS, CERAD, IIED, …), du secteur privé de la filière forêt bois (GFBC, AEFNC, FECAPROBOIS, ACFCAM/CTFC, Forêts communautaires) et des partenaires techniques et financiers (CE, DUE, GIZ, FAO).

L’un des objectifs clés de l’atelier était de parvenir à partager une vision commune du processus par les différents parties prenante de la mise en œuvre de l’APV, notamment concernant (1) l’Etat du Cameroun (collectivités territoriales décentralisées y compris), (2) la Communauté internationale (Partenaires techniques et Financiers y compris), (3) le Secteur Privé national et international, (4) les Peuples autochtones et communautés locales (PACL).

La vision du processus APV FLEGT partagée par l’ensemble des participants à l’issue de l’atelier se décline en termes d’impacts à rechercher et de changements à opérer par les principaux bénéficiaires. En résumé, il est question que d’ici 2030, l’exploitation et la commercialisation du bois légal camerounais puisse générer (en lien avec chaque bénéficiaire identifié) :

1. l’augmentation de la contribution soutenue du secteur forestier au PIB (Etat camerounais) ;

2. le maintien du couvert forestier et la gestion durable (pour la communauté internationale) ;

3. l’amélioration de la compétitivité du bois légal camerounais sur tous les marchés (Secteur privé) ;

4. l’amélioration des conditions de vie des PACL riveraines (Peuples autochtones et communautés locales).

Une dizaine de changements majeurs seront à opérer pour concrétiser ces impacts :

1. Les opérateurs de la filière doivent pouvoir acquérir, produire et vendre les bois et les produits dérivés en conformité avec les exigences légales et réglementaires ;

2. Les acheteurs et utilisateurs des bois et produits dérivés au niveau national et international doivent pouvoir exiger du bois légal ;

3. Le secteur privé et l’administration doivent opérer ensemble pour rendre disponible et accessible le bois légal sur le marché domestique ;

4. La participation active des PACL au suivi de la gestion forestière et des revenus doit pouvoir être effective ;

5. Les Collectivités Territoriales Décentralisées, en collaboration avec les PACL doivent pouvoir percevoir effectivement les revenus et les utiliser pour le développement local;

6. L’Etat avec le soutien des Partenaires Techniques et Financiers doit pouvoir assurer la mise en place d’un plan d’affectation des terres, d’une planification rigoureuse des prélèvements de la ressource bois et le maintien d’une couverture forestière permanente d’au moins à 30% ;

7. L’Etat doit pouvoir procéder à la révision de son cadre légal réglementaire et institutionnel pour améliorer l’accès à la ressource forestière pour tous et pour simplifier les procédures de vérification de la légalité ;

8. L’Etat doit pouvoir ajuster régulièrement la fiscalité forestière pour assurer la collecte et la redistribution des taxes de façon équitable, inciter la légalité et favoriser la compétitivité de tous les acteurs privés ;

9. Toutes les parties prenantes doivent pouvoir rendre accessibles les informations à tous les acteurs de manière appropriée ;

10. L’application des sanctions de façon dissuasive aux acteurs indélicats doit pouvoir être effective.

La feuille de route à élaborer devra se focaliser sur cette vision commune pour fixer des priorités d’actions et un chronogramme pour canaliser les efforts de mise en œuvre effective de l’APV-FLEGT sur les 7 prochaines années.