17.04.2026
Pour la première fois, une étude conjointe de référence menée par la FAO, l'OIT et l'Institut Thünen de sylviculture fournit des estimations mondiales de l'emploi dans le secteur forestier désagrégées par sexe — offrant aux décideurs politiques, aux acteurs de l'industrie et à la société civile un éclairage bien plus précis sur ceux qui travaillent dans les forêts du monde, et dans quelles conditions.
Une nouvelle ère de transparence des données est arrivée pour le secteur forestier mondial. Publiée le 14 avril 2026, l'étude intitulée Méthodologie actualisée pour quantifier l'emploi dans le secteur forestier : estimations mondiales et régionales est un rapport conjoint de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), de l'Organisation internationale du Travail (OIT) et de l'Institut Thünen de sylviculture. Elle constitue une avancée majeure en matière de qualité, de cohérence et de comparabilité des données sur l'emploi dans le secteur forestier — et la première étude mondiale à désagréger ces chiffres par sexe.
Un secteur qui emploie des millions de personnes — avec des inégalités persistantes
Les forêts emploient environ 42 millions de personnes dans le monde, les femmes représentant un quart de cette main-d'œuvre. Ce chiffre représente environ 1,2 % de l'emploi mondial total. Si ce résultat est en lui-même significatif, c'est la dimension de genre des données qui constitue une véritable avancée.
L'étude révèle que les femmes occupent près de 10,6 millions d'emplois, soit 25 % de l'emploi dans le secteur forestier, et met en évidence des disparités persistantes entre femmes et hommes selon les régions. L'écart le plus marqué a été constaté en Europe, où 1,8 % des hommes et seulement 0,5 % des femmes étaient employés dans le secteur en 2022. En revanche, ces disparités étaient moins prononcées en Afrique, dans les Amériques et en Asie — un constat qui devrait susciter une réflexion approfondie tant au sein des autorités publiques que des acteurs du secteur privé, en Europe et au-delà.
Une nouvelle méthodologie à la hauteur des ambitions mondiales
L'épine dorsale analytique de l'étude est le nouveau modèle FEM (Forest EMployment), conçu pour améliorer la disponibilité et la cohérence des données sur l'emploi dans le secteur forestier en produisant des estimations annuelles désagrégées par sexe pour le secteur et ses sous-secteurs, offrant ainsi une base de données probantes plus solide pour l'élaboration des politiques et l'analyse.
S'appuyant sur des données annuelles couvrant 182 pays — soit 99 % de la superficie forestière mondiale —, le modèle introduit plusieurs améliorations méthodologiques par rapport aux estimations précédentes, notamment des données annuelles en lieu et place d'intervalles triennaux, ainsi que l'utilisation de caractéristiques socioéconomiques et démographiques propres à chaque pays, d'indicateurs du marché du travail et de variables spécifiques au secteur forestier pour estimer les données manquantes.
Répartition par sous-secteur : la transformation du bois en tête
Le rapport éclaire également la répartition de l'emploi au sein du secteur. La fabrication de bois et de produits en bois représente la part la plus importante — environ 58 % de l'emploi total dans le secteur forestier —, suivie de la sylviculture et de l'exploitation forestière (33 %), puis de la fabrication de pâte à papier et de papier (16 %). Ces chiffres présentent un intérêt direct pour les membres et partenaires de l'ATIBT opérant tout au long de la chaîne de valeur du bois tropical, dans la mesure où ils permettent de situer les concentrations d'emplois et d'identifier les sous-secteurs où les disparités de genre sont potentiellement les plus marquées.
Une légère tendance mondiale au recul
Le secteur a employé au moins 42 millions de personnes dans le monde en 2022 — soit environ 1,2 % de l'emploi total —, ce qui représente une baisse d'environ 3,1 % par rapport à 2011. Les tendances régionales varient : l'Asie continue de représenter la part la plus importante de l'emploi dans le secteur forestier rapporté à l'emploi total (environ 1,4 %), tandis que l'Afrique a connu des fluctuations — partant de 1,2 % en 2011, atteignant un pic en 2016, puis reculant à 1,0 % en 2022 — et que les niveaux d'emploi dans les Amériques sont restés relativement stables autour de 0,8 %.
Pourquoi cela importe pour l'ATIBT et ses membres
Pour l'ATIBT — dont la mission s'articule autour de la promotion d'une gestion responsable et durable des forêts tropicales comme levier de développement —, ce rapport constitue une référence précieuse. Il souligne que le secteur forestier n'est pas seulement un patrimoine environnemental, mais aussi une source importante de moyens de subsistance, en particulier dans les régions tropicales. La disponibilité, pour la première fois, de données désagrégées par sexe ouvre de nouvelles perspectives de dialogue sur la gouvernance forestière inclusive, le développement des compétences, et les dimensions sociales des cadres de certification et de légalité.
Comme l'a souligné Zhimin Wu, Sous-Directeur général de la FAO, « pour contribuer à bâtir un secteur forestier plus durable et plus résilient, nous avons besoin d'une image claire de qui travaille dans nos forêts — et cela commence par des données désagrégées par sexe. »
L'ATIBT encourage ses membres et partenaires à consulter ce rapport et à réfléchir à la manière dont ses conclusions peuvent éclairer leurs pratiques, leurs rapports et leur engagement auprès des autorités publiques.
Télécharger le rapport complet : Méthodologie actualisée pour quantifier l'emploi dans le secteur forestier : estimations mondiales et régionales — FAO/OIT/Institut Thünen, 2026