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Marché du bois tropical - Quel avenir pour le bassin du Congo ?

05.03.2021

Différents articles intéressants sont parus récemment sur le marché du bois, et du bois tropical en particulier. Ils sont mentionnés à la fin de cet article pour ceux qui souhaitent y accéder.

Crédit photo : Benoît Jobbé-Duval

Sans surprise, 2020 marque un recul dans les importations de bois tropical en Europe, première et seconde transformation confondues. Par exemple, pour les contreplaqués tropicaux (qui représentent plus de 80% des importations françaises de contreplaqués), on constate en volumes cumulés de janvier à septembre 2020 une baisse des importations de l’ordre de - 14% pour s’établir à 327 000 m3. Le troisième trimestre 2020 enregistre un recul moins net de -7% par rapport au troisième trimestre 2019, pour atteindre un volume de 108 672 m3. À noter que les ventes ont grimpé de 20% à la suite du premier confinement.

Néanmoins, cette baisse est moindre que ce que l’on pouvait craindre, comme le montre notamment le cas des sciages.

On observe une bonne résilience du secteur face à la crise, le bois tropical supportant plutôt bien cette tempête sanitaire, pour les mêmes raisons que le matériau bois dans son ensemble (essor des activités de bricolage et d’aménagement, prise de conscience du bois comme matériau durable, etc.)

Mais alors que la tension entre l’offre et la demande est actuellement très forte sur les marchés du bois, le marché des bois africains, lui, ne connaît pas de changements inhabituels pour le moment. La bataille se joue comme avant le début de la crise sanitaire entre bois certifié et bois non certifié, légal dans le meilleur des cas, mais pas toujours, avec des différences de prix très importantes entre les deux. Alors que les producteurs certifiés doivent assumer des coûts considérables pour produire du bois selon les critères des systèmes de certification, ils doivent faire face à la concurrence des producteurs non certifiés, ainsi qu’à celle de concurrents illégaux, qui peuvent agir discrètement grâce à des outils comme les unités de sciage mobiles. Ces acteurs ont tiré, du fait d’une concurrence déloyale, les prix vers le bas !

Pour tirer pleinement parti des opportunités offertes par un marché qui redonne sa valeur au bois, plusieurs priorités se dessinent alors en particulier pour les bois africains : la lutte contre l’exploitation illégale, la reconnaissance à leur juste valeur des producteurs de bois certifiés l’amélioration de la logistique et la diversification des essences. La promotion de la certification ne peut se faire qu’en valorisant à leur juste prix les bois certifiés africains en tant que matériaux d’exception. La lutte contre l’illégalité doit rester un objectif majeur de notre association.

Pour plus de précisions, nous vous recommandons les articles suivants :

  1. Emmanuel Groutel, « Un marché du bois, en pleine ébullition … sauf en Afrique », Mars 2021 : cliquer sur le lien

  2. LCB « Une récession pour le commerce des produits en bois tropicaux de l'UE », février2021 : cliquer sur le lien

  3. ITTO, Wood Products Prices in Europe : cliquer sur le lien

  4. Jeroen Groot, Het Financieele Dagblad : Het hout is niet aan te slepen en peperduur , février 2021. : cliquer sur le lien

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