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Guatemala : une avancée majeure sur les marchés internationaux du carbone forestier

06.02.2026

Le Guatemala vient de franchir une étape historique pour son secteur forestier en réalisant sa première vente sur le marché international du carbone. Un signal fort en faveur de la reconnaissance économique de la gestion durable des forêts.

Après plus de dix années d’efforts, de négociations et de structuration institutionnelle, le Guatemala a concrétisé en décembre 2025 la première vente internationale de crédits carbone forestiers dans le cadre de son Programme de Réduction des Émissions (PRE). Cette transaction, d’un montant de 24,2 millions de dollars, marque un tournant majeur pour le secteur forestier du pays.

Mis en œuvre sous la coordination de l’Institut National des Forêts du Guatemala (INAB), avec l’appui de la Banque mondiale et du Fonds de partenariat pour le carbone forestier (FCPF), le PRE a permis de relier les acteurs engagés dans la gestion durable des forêts — reforestation, conservation, agroforesterie — aux marchés internationaux de paiement pour services environnementaux, en particulier le stockage du carbone forestier.

Cette première vente regroupe plus d’un millier de projets répartis sur l’ensemble du territoire national, majoritairement en zones rurales. Elle bénéficie directement à des communautés, coopératives, associations, municipalités et entreprises forestières, qui peuvent pour la première fois valoriser économiquement les services environnementaux fournis par leurs forêts.

Le programme prévoit la vente d’un minimum de 10,5 millions de tonnes de CO₂ sur une période de cinq ans (2020–2024), cette première transaction constituant une étape fondatrice appelée à être renforcée. Avec cette opération, le Guatemala devient le quatrième pays d’Amérique latine à conclure un accord de cette nature, confirmant la confiance de la communauté internationale dans sa capacité à gérer durablement ses ressources forestières.

Au-delà de la transaction financière, cette réussite ouvre de nouvelles perspectives économiques pour le secteur forestier, en créant une source de revenus complémentaire pour les gestionnaires forestiers et en renforçant l’attractivité de la gestion durable comme alternative à la conversion des forêts. Elle illustre également le rôle clé que peuvent jouer les marchés du carbone et les paiements pour services écosystémiques lorsqu’ils sont adossés à des cadres institutionnels solides.

Cette avancée constitue un exemple inspirant pour d’autres pays forestiers et alimente les réflexions internationales sur les mécanismes économiques capables de soutenir durablement la préservation des forêts et le développement des territoires.  

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