09.10.2026
Dans les États mexicains de Campeche et de Quintana Roo, l’ATIBT et la coopérative Túumben K’óoben accompagnent les communautés forestières pour renforcer la traçabilité du bois et favoriser leur accès aux marchés. Mené dans le cadre du programme AL-INVEST Verde, le projet « Madera Cero Deforestación » associe outils numériques, formation et recherche de partenaires commerciaux
Une traçabilité construite avec les utilisateurs
Le travail engagé s’appuie sur un pilote dans l’ejido Noh-Bec, une communauté de gestion foncière et forestière du Quintana Roo. Les équipes intervenant en forêt et en scierie ont été formées à l’application Smart Agro, développée par Hemav. Les premiers essais ont permis d’identifier des ajustements nécessaires, notamment l’ajout de champs d’information. Après leur intégration par les développeurs, une nouvelle expérimentation sur le terrain a donné des résultats satisfaisants.
Cette démarche participative permet d’adapter l’outil aux réalités de l’exploitation communautaire. Elle contribue à préparer les producteurs aux exigences de traçabilité et de documentation de l’origine des bois attendues sur les marchés, notamment européens.
Partager les méthodes et renforcer les compétences
Pour faciliter l’appropriation de la solution, un guide de transfert a été élaboré à partir de l’expérience de Noh-Bec. Il présente les étapes d’utilisation de l’application et aborde les enjeux techniques de production, de gestion forestière, de certification et de gouvernance communautaire.
Deux ateliers organisés à Chetumal et à Xmejía ont réuni 50 participants et des représentants de 14 ejidos. Ils ont associé communautés forestières, prestataires techniques et institutions publiques. Ces échanges ont permis de diffuser les enseignements du pilote et de susciter l’intérêt d’autres ejidos pour la traçabilité numérique.
Valoriser les essences et développer les débouchés
Au-delà du suivi du bois, le projet cherche à rapprocher l’offre des communautés forestières des besoins des acheteurs. La promotion des essences disponibles et des produits issus d’une gestion durable s’inscrit dans cette perspective : mieux valoriser les ressources locales et soutenir l’accès à des marchés différenciés.
Pour les acheteurs, cette articulation entre traçabilité et offre commerciale doit faciliter l’identification de fournisseurs et la compréhension de leurs capacités. Pour les communautés, elle ouvre une possibilité de mieux présenter leurs bois, leurs produits et leurs pratiques de gestion.
L’accompagnement encourage les ejidos à progresser dans la chaîne de valeur. Certaines communautés commercialisent encore leurs bois sous forme de grumes. Des échanges d’expérience avec des communautés disposant d’activités plus développées doivent favoriser leur réflexion sur la transformation et la commercialisation.
Promotion des bois Selva Maya
Rechercher des partenaires commerciaux
Avec le Secrétariat au développement économique du Quintana Roo et d’autres partenaires, un travail de préparation d’une rencontre à Cancún a été engagé. L’objectif est de mettre en relation les ejidos capables d’approvisionner le marché avec des acheteurs potentiels, notamment les groupes hôteliers implantés dans la Riviera Maya et à Cancún.
Les liens noués avec les institutions publiques constituent un appui à cette démarche. La stratégie de réactivation forestière de Campeche offre notamment des perspectives de coopération pour rapprocher les producteurs de marchés différenciés.
Cette recherche de partenariats donne une dimension commerciale aux avancées techniques. En associant traçabilité, valorisation des bois et dialogue avec les acheteurs, l’ATIBT et ses partenaires contribuent à créer les conditions de débouchés durables pour les communautés forestières mexicaines.
La Selva Maya, un ecosystème de grande valeur qui peut être géré durablement.
La Selva Maya forme un vaste ensemble forestier partagé entre le sud-est du Mexique, dans la péninsule du Yucatán, le nord du Guatemala et le Belize. Selon le catalogue de Rainforest Alliance, elle couvre plus de quatorze millions d’hectares. Ce territoire associe forêts tropicales, communautés rurales et patrimoine culturel maya.
Ses bois présentent une grande diversité de couleurs, de textures et de propriétés techniques. Parmi les essences emblématiques figurent l’acajou à grandes feuilles (Swietenia macrophylla) et le cèdre tropical (Cedrela odorata), appréciés notamment en menuiserie et en ameublement. Le tzalam (Lysiloma latisiliquum), le manchiche (Lonchocarpus castilloi), le chechén (Metopium brownei), le granadillo (Platymiscium yucatanum), le Pucté (Terminalia buceras) et le ziricote (Cordia dodecandra) illustrent la richesse de cette ressource. Le catalogue présente trente-cinq essences d’intérêt commercial, avec leurs caractéristiques et leurs utilisations possibles.
La valeur de la Selva Maya dépasse largement sa production de bois. Elle constitue un réservoir de biodiversité, abritant le jaguar, le tapir de Baird et l’ara rouge. Ses forêts stockent du carbone, participent à la régulation du climat et au maintien des cycles de l’eau. Elles fournissent aussi des ressources alimentaires et des produits forestiers non ligneux, comme le chicle issu du chicozapote.
Les ejidos mexicains et les concessions forestières communautaires guatémaltèques jouent un rôle important dans la gestion de ces ressources. Face à la
déforestation, à l’exploitation illégale et à la fragmentation des habitats, une valorisation responsable des essences, associée à une gestion durable et à des débouchés rémunérateurs, peut soutenir simultanément la conservation forestière et les économies locales.
Au Guatemala, toujours dans la Selva Maya, l’ATIBT est associée au projet ConForMa géré par le CIRAD et soutenu par le FFEM, dans la valorisation des ressources forestières des forêts communautaires du Petén