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Démarrage du projet RUFAC au Cameroun

14.01.2022

Des plantations forestières seront menées pendant les 4 prochaines années au sein de 4 sociétés forestières.

(c) Jean-Louis Doucet - Pépinière Mukulungu

Si la sélectivité menée par les entreprises forestières engagées dans la gestion durable impacte peu le couvert forestier (6-10% de canopée ouverte, se cicatrisant très rapidement[1]), elle provoque néanmoins à long terme une raréfaction d’essences exploitées[2], dont certaines sont primordiales pour les populations riveraines de ces forêts, car elles leur fournissent des produits forestiers non ligneux (PFNL). C’est par exemple le cas du sapelli et de l’ayous (collecte de chenilles), mais aussi du moabi (graines servant à la production d’huile de cuisine).

Pour maintenir le potentiel forestier en quantité et en qualité, il est souhaitable d’associer à la régénération naturelle des méthodes sylvicoles faisant appel à la plantation d’arbres, en priorisant les espèces locales et à haute valeur patrimoniale. Les exploitants forestiers, qui sont uniquement attributaires des concessions pour une durée de 30 ans, font toutefois face à une insécurité ou à un vide juridique, ce qui rend les investissements sur le long terme peu attrayants.

Ce type d’activités de reboisement doit donc être encouragé avec un accompagnement technique et surtout par la mise en place d’un cadre réglementaire incitatif. Tous les acteurs du territoire doivent s’associer en tant que bénéficiaires finaux : services de l’état, entreprises privées et populations locales. Au Cameroun, cette ambition conjointe a clairement été formulée dans un document synthétique publié par le Ministère des Forêts et de la Faune, exprimant les orientations de la sylviculture des décennies à venir[3].

C’est dans ce contexte que le projet RUFAC vise à contribuer à une gestion durable des forêts de production de bois d’œuvre du Cameroun en mobilisant les acteurs concernés, privés et publics, autour du reboisement et des stratégies de gestion forestière future.

Le consortium d’exécution du projet regroupe l’ATIBT, Nature+, Gembloux Agro-Bio Tech (Université de Liège), ainsi que quatre entreprises de la filière forêt-bois du Cameroun : PALLISCO, GRUMCAM-ALPICAM, SEFAC, et SEEF. L’École Normale Supérieure de l'Enseignement Technique (ENSET) de l’Université de Douala est également associée au projet.

Un chef de projet est en cours de recrutement, et le projet comptera aussi sur un doctorant pour mener les activités de recherche d’accompagnement nécessaires.

Ainsi, en visant la restauration du couvert forestier et le maintien des populations d’espèces commerciales dans les Unités Forestières d'Aménagement (UFA), le projet « Reboisement dans les UFA du Cameroun », financé par l’Union Européenne, contribuera significativement au Programme d’Amélioration de la Gouvernance en Milieu Forestier (PAMFOR, du Programme Indicatif National (PIN) du 11ème FED (Fonds Européen de Développement)) du Cameroun.

[1] Kleinschroth, F. & Healey, J. R. (2017). Impacts of logging roads on tropical forests. Biotropica, 49(5), 620-635.

[2] Zimmerman, B. L., & Kormos, C. F. (2012). Prospects for sustainable logging in tropical forests. BioScience, 62(5), 479-487.

[3] Ngomin, A. & Mvongo Nkene, M. N. (2015). Sylviculture de 2ème génération au Cameroun : bases conceptuelles, leviers et schéma d’opérationnalisation. MINFOF, GIZ.

Membres de l'ATIBT