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Mise en œuvre du projet RESSAC-CITES au Cameroun : premiers enseignements de terrain

27.02.2026

Dans un contexte d’extension des inscriptions d’essences commerciales à l’Annexe II de la CITES, la mise en œuvre nationale de la Convention s’est considérablement intensifiée en Afrique centrale. L’élaboration des Avis de Commerce Non Préjudiciable (ACNP), le renforcement des procédures de délivrance des permis, l’exigence de traçabilité et le contrôle des exportations imposent des adaptations structurelles aux administrations comme aux opérateurs privés.

C’est dans ce cadre que le projet « The industrial wood sector in Central Africa: economic and social impacts of international timber trade regulation for species listed in Appendix II of CITES » est mis en œuvre au Cameroun et au Gabon dans le cadre du programme RESSAC (Research in Ecology and Social Sciences for the Sustainable Management of Forest Ecosystems in Central Africa), coordonné par le CIFOR-ICRAF et financé par l’Union européenne. Le consortium réunit l’Université de Liège – Gembloux Agro-Bio Tech (chef de file), l’Université de Dschang, Rougier Gabon et l’Association Technique Internationale des Bois Tropicaux (ATIBT) et associe une postdoctorante, trois étudiants en Master et un assistant technique, mobilisés pour conduire les enquêtes de terrain et l’analyse des données.

Le dispositif méthodologique repose sur une approche mixte combinant entretiens semi-directifs, analyse documentaire et collecte de données quantitatives auprès de trois catégories d’acteurs : administrations forestières, entreprises du secteur bois et communautés locales. Les missions ont été déployées depuis plus de 4 mois dans les régions du Centre, du Littoral et de l’Est du Cameroun, à la rencontre des administrations centrales et déconcentrées, des services douaniers, des entreprises exportatrices et des communautés riveraines des massifs forestiers.

Les premiers constats indiquent que la mise en œuvre de la CITES au Cameroun a entraîné des ajustements institutionnels significatifs, notamment la réorganisation et la désignation de points focaux, la formalisation des procédures de délivrance des permis et le déploiement du système de traçabilité SIGIF 2. Pour les entreprises forestières, les premières données montrent une augmentation des coûts liés à la conformité CITES ainsi qu’un allongement des délais d’exportation pour les espèces inscrites à l’Annexe II. Ces retards, notamment dans la délivrance des permis, en particulier pour les importations vers le marché européen, constituent un point de tension important pour les opérateurs. Enfin, les enquêtes auprès des communautés locales mettent en évidence des effets principalement indirects, liés à l’évolution des volumes exploités, aux dynamiques d’emploi et à l’accès aux ressources, tandis que leur implication dans les mécanismes formels de mise en œuvre de la CITES demeure limitée, soulevant des enjeux d’inclusion dans la gouvernance forestière.

Les résultats consolidés attendus au second semestre 2026 permettront de documenter de manière approfondie les impacts économiques, institutionnels et sociaux de la régulation CITES sur le secteur bois industriel dans la région et d’alimenter le dialogue technique et politique sur l’amélioration de sa mise en œuvre.

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