13.05.2026
Les 23 et 24 avril 2026, le Ministère des Forêts et de la Faune (MINFOF) du Cameroun a organisé à Yaoundé un atelier national de restitution, d’analyse et de planification des actions CITES sur la flore, avec l’appui de l’ATIBT et de ses partenaires.
Réunissant une soixantaine d’acteurs nationaux et sous-régionaux, cette rencontre a permis de faire le point sur les résultats du projet RESSAC, les avancées scientifiques sur le genre Guibourtia, les enseignements de la CoP20 ainsi que les priorités stratégiques du Cameroun pour la période 2026–2028.
L’atelier s’inscrivait dans un contexte marqué par le renforcement des exigences internationales en matière de durabilité, de traçabilité et de légalité du commerce des bois tropicaux. L’inscription progressive de plusieurs essences commerciales d’Afrique centrale à l’Annexe II de la CITES — notamment Afzelia spp., Khaya spp., Pterocarpus spp. et Guibourtia spp. — impose désormais aux États producteurs de démontrer que le commerce international repose sur des bases scientifiques solides et ne porte pas atteinte à la survie des espèces.
Les travaux ont réuni les principales administrations concernées (MINFOF, MINCOMMERCE, MINREX, MINFI, MINEPIA), les institutions scientifiques et universitaires, le secteur privé forestier, la société civile ainsi que plusieurs partenaires techniques et financiers internationaux, parmi lesquels l’Union européenne, la GIZ, la FAO, l’UICN, CIFOR-ICRAF et TRAFFIC. Des représentants du Gabon, de la République du Congo et de la RDC ont également participé aux échanges, illustrant la dimension régionale croissante des enjeux CITES dans le Bassin du Congo.
La première journée a été consacrée à la restitution des résultats du projet RESSAC (« Research in Ecology and Social Sciences for the sustainable management of ecosystems foresters of Central Africa »), financé par l’Union européenne via le CIFOR-ICRAF et mis en œuvre par un consortium associant l’Université de Liège, l’Université de Dschang, Rougier Gabon et l’ATIBT.
Le projet analyse les impacts économiques, institutionnels et sociaux de la mise en œuvre de la CITES sur les entreprises forestières, les administrations publiques et les communautés locales au Cameroun et au Gabon. Les premiers résultats présentés mettent notamment en évidence :
Les discussions ont également souligné l’importance de renforcer la base scientifique mobilisée dans les Avis de Commerce Non Préjudiciable (ACNP), les systèmes de traçabilité et les mécanismes de suivi des essences inscrites à la CITES.
L’après-midi de la première journée a porté sur les travaux scientifiques relatifs au genre Guibourtia. Les participants ont échangé sur la délimitation des espèces, les critères d’identification, leur distribution géographique ainsi que les implications pour les ACNP, la traçabilité et la délivrance des permis CITES. Ces travaux constituent une étape importante pour améliorer la fiabilité des identifications de terrain et sécuriser les chaînes d’approvisionnement des entreprises forestières.
La seconde journée a permis de revenir sur les principaux enseignements de la CoP20 de la CITES tenue à Samarkand, notamment les pressions croissantes concernant de nouvelles essences forestières d’Afrique centrale telles que l’Okoumé ou certaines espèces du genre Entandrophragma.
Les participants ont ensuite analysé le futur Plan d’action CITES Flore 2026–2028 du Cameroun, structuré autour du renforcement des capacités scientifiques, de l’amélioration des systèmes de traçabilité, du développement des ACNP et de la préparation des positions nationales pour la CoP21. L’atelier s’est conclu par la validation collective d’un Plan de Travail Annuel Budgétisé définissant les priorités opérationnelles, les responsabilités des acteurs et les prochaines étapes.
À travers le projet RESSAC, l’ATIBT poursuit ainsi son engagement en faveur d’une mise en œuvre de la CITES fondée sur des données scientifiques robustes, le dialogue entre administrations, chercheurs et secteur privé, ainsi qu’une meilleure prise en compte des réalités économiques des pays producteurs du Bassin du Congo.