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L'ATIBT rend visite à TDUK à Londres

27.02.2026

Une partie de l'équipe de l'ATIBT s'est rendue à Londres les 17 et 18 février pour rendre visite à TDUK (Timber Development UK) et participer à une réunion de travail avec les dirigeants de l'association.

Cette visite a été l'occasion d'aborder plusieurs sujets liés aux activités existantes entre les deux associations professionnelles.

Il s’est agit notamment d’explorer les possibilités de renforcer l'engagement du secteur privé et des associations professionnelles de producteurs et d'importateurs afin d'accroître le commerce du bois tropical légal et durable, de réduire le commerce illégal du bois en améliorant la gouvernance forestière et la transparence, et d'harmoniser les exigences du marché (EUDR/UKTR) avec les cadres nationaux des pays producteurs.

Par ailleurs, il s’est agit aussi d’envisager la reconnaissance internationale de la Broader Market Recognition Coalition (BMRC). Pour rappel, la BMRC représente divers pays tropicaux qui travaillent ensemble pour promouvoir leurs systèmes nationaux de gestion durable des forêts à l'échelle mondiale. En augmentant la demande pour leurs produits du bois issus de sources durables, l'objectif est d'encourager la gestion durable des forêts. Les membres fondateurs de la BMRC sont le Cameroun, le Ghana, la Guyane, l'Indonésie, le Libéria et la République du Congo. À mesure que d'autres pays rejoindront la coalition, son influence sur le marché s'accroîtra, encourageant davantage la gestion durable des forêts.

Diverses activités clés pourraient être préparées conjointement avec TDUK, notamment (1) des ateliers d'échange entre producteurs et acheteurs, comprenant des visites sur le terrain afin de promouvoir le dialogue direct, (2) le renforcement des capacités techniques des PME dans certains pays, y compris la formation sur la légalité, la traçabilité et la conformité fiscale, (3) la rédaction d'un guide à l'intention des importateurs et la création de modules d'apprentissage en ligne sur la diligence raisonnable, et enfin (4) des campagnes de communication lors d'événements tels que le Carrefour du Bois.

En ce qui concerne plus particulièrement le marché, les discussions ont permis de faire le point sur les enjeux, en soulignant les points suivants :

  1. L'état du marché britannique après le Brexit

  • Un marché atone mais stratégique : le marché global du bois dur au Royaume-Uni est actuellement en difficulté. Les bois tropicaux occupent la troisième place (le chiffre de 2 % a été mentionné), derrière les bois durs européens et américains.
  • L'évolution des flux d'importation : en raison du Brexit, les importateurs britanniques importent de moins en moins directement des pays tropicaux. Ils préfèrent désormais s'approvisionner via des plateformes européennes (notamment aux Pays-Bas et en Belgique). Des entreprises telles que Vandecasteele ont ouvert des bureaux de vente au Royaume-Uni afin de maintenir ce lien commercial, ce qui a des implications sur la manière dont les entreprises abordent la conformité à l'EUDR.
  1. La menace croissante des matériaux de substitution

  • La croissance des bois modifiés et composites :le bois tropical perd des parts de marché importantes au profit d'alternatives moins chères ou fortement commercialisées. Par exemple, le MDF a pris le relais pour les plinthes et les revêtements de sol. Pour les utilisations en extérieur (fenêtres, portes, meubles de jardin), on utilise du pin ou de l'épicéa traités chimiquement (comme l'Accoya) ou du pin de Nouvelle-Zélande modifié aux Pays-Bas.
  • Le cas des « panneaux de remplacement tropicaux » (TRP) :TDUK souligne l'émergence de produits tels que Lumin, un contreplaqué fabriqué à partir de plantations d'eucalyptus et de pin en Amérique du Sud. Ce produit est commercialisé de manière agressive comme une alternative « durable » (zéro déforestation, contrôle de la graine au panneau) pour remplacer spécifiquement le contreplaqué tropical.
  • Le marché des traverses de chemin de fer :Suite à des changements de politique au Royaume-Uni, les traverses en bois tropical (telles que l'azobé) ont été largement remplacées par des alternatives en plastique/composite. Cependant, il existe encore des opportunités pour le bois tropical dans les grands projets d'ingénierie marine (TDUK cite l'exemple du greenheart de Guyane).
  1. Solutions pour l'avenir : bois d'ingénierie et LKTS (essences de bois moins connues)

  • L'essor du bois d'ingénierie :les acteurs du marché reconnaissent que l'avenir réside dans les techniques de transformation avancées. Des entreprises telles que CIB et Olam ont été citées comme investissant massivement dans des gammes de bois d'ingénierie (abouté, lamellé-collé). Ce modèle présente un triple avantage : il génère beaucoup plus de valeur ajoutée, réduit les déchets à zéro (réutilisés dans la biomasse/cogénération) et répond parfaitement aux attentes des importateurs européens (longues longueurs, résistance accrue).
  • Promouvoir les LKTS par l'utilisation :pour que le marché accepte de nouvelles essences, l'approche doit changer. Plutôt que d'essayer de vendre un nom d'essence (ce qui effraie les acheteurs peu enclins à prendre des risques), nous devons vendre un produit et ses performances techniques.
  1. Outils contractuels

Mise à jour des contrats types : TDUK travaille actuellement à la révision de ses contrats types (tels que le contrat nordique « Noroft »). Le contrat type pour les bois durs n'a pas été mis à jour depuis 2012. Une collaboration est envisagée pour créer de nouvelles règles communes pour le commerce des bois tropicaux, éventuellement basées sur les fiches techniques et les documents « contrats et utilisations » de l'ATIBT (qui précisent les règles de classement, préviennent les litiges, etc.).

Il a été prévu de poursuivre le soutien de l'ATIBT au marché du bois tropical au Royaume-Uni, à la suite de la réunion tenue le 25 septembre 2024 avec le London Hardwood Club, au cours de laquelle les perspectives du bois tropical sur le marché britannique ont été discutées

 
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