17.04.2026
Réduction de la déforestation, recul du braconnage, maintien de la faune : les concessions forestières bien gérées démontrent aujourd’hui leur rôle clé dans la conservation des forêts d’Afrique centrale.
Deux études scientifiques récentes, publiées dans des revues internationales (Communications Earth & Environment et Biological Conservation), apportent des résultats importants sur le rôle des concessions forestières dans la conservation des écosystèmes du bassin du Congo. Elles s’appuient sur des jeux de données de long terme (13 à 20 ans) et sur des approches quantitatives rigoureuses, combinant données satellitaires, données de terrain et suivi opérationnel.
La première étude analyse l’impact des plans d’aménagement forestier (PAF) sur l’évolution du couvert forestier entre 2000 et 2020, à partir de données satellitaires et administratives dans plusieurs pays d’Afrique centrale. Les résultats montrent que les concessions disposant d’un PAF validé sont associées à une réduction moyenne de 47 % des pertes forestières, soit environ 100 hectares évités par an et par concession. Cet effet apparaît progressivement après la validation et se maintient sur le long terme, jusqu’à près de 20 ans. Dans le même temps, ces concessions conservent davantage de forêts intactes, sans augmentation de la déforestation dans les zones voisines. Ces résultats confirment que les PAF jouent un rôle important dans l’organisation de la gestion forestière, notamment à travers le zonage, la planification des rotations, l’encadrement de l’exploitation et le contrôle de l’accès. L’étude met toutefois en évidence un point important : près de 45 % des concessions ne disposaient pas encore de PAF validé en 2020.
La seconde étude s’intéresse à la lutte contre le braconnage dans des concessions certifiées FSC au Cameroun, sur une période de 13 ans. Elle repose sur un suivi détaillé des patrouilles, des activités de braconnage et des observations de la faune, avec l’appui de l’outil SMART. Les résultats montrent qu’après l’introduction de SMART, l’effort de patrouille a augmenté d’environ 50 %, avec une réduction significative des indicateurs de braconnage : baisse du nombre de pièges, diminution des camps de braconniers et forte réduction des zones à risque. Les quantités de viande de brousse observées aux points de contrôle ont également diminué (–44 %). Dans le même temps, les observations de grands mammifères comme l’éléphant de forêt, le gorille ou le chimpanzé restent globalement stables sur la période, ce qui suggère que ces dispositifs contribuent à limiter la pression sur la faune. L’étude souligne aussi que ces résultats sont obtenus avec un coût relativement maîtrisé (environ 23 USD/km²/an), grâce à une combinaison de certification, de surveillance sur le terrain et de collaboration avec les autorités.
Pris ensemble, ces deux travaux montrent que la gestion forestière, lorsqu’elle est effectivement mise en œuvre, peut contribuer à réduire les pressions sur les forêts et la faune. Ils soulignent également que l’efficacité repose avant tout sur la mise en œuvre concrète des outils existants : validation des PAF, organisation du suivi et intensité des contrôles. Enfin, ces résultats confirment que les concessions forestières peuvent jouer un rôle complémentaire aux aires protégées dans la gestion des paysages forestiers.
Dans un contexte marqué par des exigences internationales croissantes, notamment dans le cadre de la CITES et de la réglementation européenne sur la déforestation (RDUE), ces résultats apportent des éléments utiles pour alimenter les discussions et mieux comprendre les approches de gestion durable développées en Afrique centrale. Ils mettent aussi en évidence une priorité claire : accélérer la validation des plans d’aménagement et renforcer les dispositifs de suivi et de contrôle pour consolider les résultats observés.
Chaîne ATIBT sur YouTube
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