27.03.2026
Une publication scientifique récente intitulée « Production de bois et fonctions et services écosystémiques dans le bassin du Congo », rédigée par Richard Eba’a Atyi, Jervais Nkoulou, Ghislain Moussavou, Achille Biwole, Jules Christian Zekeng et Salomon Mampeta Wabasa, propose une analyse approfondie et d’actualité du secteur forestier en Afrique centrale.

Publié dans l’ouvrage collectif Resilience and Sustainability in the Congo Basin (Springer Nature, 2026), ce chapitre rassemble des experts de premier plan issus d’institutions telles que le CIFOR-ICRAF, l’IRET (Gabon) et l’Université de Douala, offrant un cadre scientifique solide pour comprendre la dynamique actuelle et les trajectoires futures de la production de bois dans la région.
Un double modèle forestier : réalités industrielles et artisanales
La publication met en évidence la coexistence de systèmes d’exploitation forestière industrielle et artisanale, une caractéristique déterminante du secteur forestier du bassin du Congo. L’exploitation forestière industrielle — largement orientée vers l’exportation — fonctionne par le biais de concessions, tandis que l’exploitation artisanale approvisionne principalement les marchés nationaux et régionaux.
Cette double structure reflète à la fois l’importance économique du bois — source d’emplois et de recettes publiques — et les défis de gouvernance associés à des activités informelles ou mal réglementées.
Gestion durable des forêts : progrès et limites
Les auteurs soulignent les progrès significatifs réalisés au cours des dernières décennies dans l’ancrage des pratiques de gestion durable des forêts (GDF). Aujourd’hui, environ 70 % des concessions forestières sont soumises à des plans de gestion, ce qui témoigne d’une véritable évolution vers une sylviculture structurée et réglementée.
Les systèmes de certification tels que FSC et PAFC, ainsi que les outils de vérification de la légalité et les cadres réglementaires européens (EUTR, APV FLEGT et désormais RDUE), ont joué un rôle central dans cette transition. Ces instruments visent à lutter contre l’exploitation forestière illégale tout en favorisant la transparence et le commerce responsable.
Cependant, l’étude met également en évidence des défis persistants, notamment une application inégale de la réglementation, un recul de l’adoption de la certification dans certains contextes et des incertitudes concernant la régénération des ressources après les premiers cycles d’exploitation.
Équilibre entre valeur économique et impacts environnementaux
La recherche fournit une évaluation nuancée des impacts du secteur. Si la production de bois reste un moteur économique clé qui fait vivre des millions de personnes, elle exerce également une pression sur les écosystèmes : dans le même temps, les forêts du bassin du Congo continuent de représenter un puits de carbone mondial majeur, soulignant l’importance stratégique de préserver leur intégrité.
Solutions émergentes : plantations et marchés environnementaux
Pour l'avenir, les auteurs identifient plusieurs pistes prometteuses : Ces approches reflètent une évolution plus large vers l'intégration de la foresterie dans les mécanismes mondiaux de financement du climat et de la biodiversité.
Recommandations clés pour l’avenir
La publication se conclut par une feuille de route stratégique claire et un alignement fort avec la mission de l’ATIBT
Cette contribution scientifique trouve un écho fort auprès de la mission principale de l'ATIBT : promouvoir le bois tropical durable, légal et à valeur ajoutée issu du bassin du Congo.
L'étude renforce plusieurs messages clés défendus de longue date par l'ATIBT : En faisant le lien entre la recherche scientifique et les recommandations politiques, cette publication fournit des informations précieuses aux parties prenantes de l'ensemble de la chaîne de valeur forêt-bois.
https://link.springer.com/rwe/10.1007/978-3-032-02023-9_14-1
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