30.04.2026
Du 11 au 15 mai 2026, une trentaine d'experts forestiers venus des trois continents tropicaux se réunissent à Montpellier pour repenser les pratiques de la sylviculture sélective. Organisé dans le cadre du réseau TmFO et de l'IUFRO, cet atelier vise à poser les bases d'une synthèse scientifique inédite sur la durabilité à long terme de l'exploitation forestière — dont les conclusions seront directement destinées aux acteurs de la filière, parmi lesquels l'ATIBT.
La forêt tropicale entre dans une nouvelle ère. La majorité des forêts de production ayant déjà été exploitées au moins une fois, les gestionnaires forestiers et les décideurs se trouvent aujourd'hui face à une question centrale : les pratiques actuelles permettent-elles de garantir la durabilité des deuxièmes et troisièmes cycles d'exploitation ? C'est précisément à cette question que cherche à répondre le projet scientifique lancé par le réseau TmFO (Tropical Managed Forest Observatory), en partenariat avec la subdivision de sylviculture tropicale de l'IUFRO, la Precious Forest Foundation et le réseau GEO-Tree du Smithsonian Institute.
Un atelier fondateur à Montpellier
Du 11 au 13 mai 2026, environ 30 chercheurs.es spécialistes de l’écologie et la gestion des forêts tropicales, issus d'Afrique centrale, d'Afrique de l'Ouest, d'Amérique latine et d'Asie du Sud-Est se réunissent au Cirad à Montpellier. L'objectif de ces trois jours de travail intensif est de définir la méthodologie et le cadre d'une revue systématique de la littérature scientifique sur l'impact à long terme de l'exploitation sélective sur la production de bois d’oeuvre. Le vendredi 15 mai, une session en visioconférence permettra d'associer aux discussions des acteurs clés de la certification — FSC et PEFC — ainsi que des opérateurs forestiers.
Trois grandes questions structurent ce programme : quels régimes d'exploitation garantissent une production durable à l'échelle des tropiques ? Comment les différents régimes de coupe affectent-ils à la fois la production et les valeurs de conservation ? Et quelles évolutions des pratiques de gestion forestière s'imposent pour l'avenir ?
Les travaux s'appuieront sur l’expertise des chercheurs; es impliqués dans le réseau TmFO, dont une partie d’entre eux se réuniront la semaine précédente dans le cadre du projet BIOFOREST, financé par la Fondation Française pour la Biodiversité (FRB-Cesab.
Pourquoi ce projet est crucial pour la filière
Les études disponibles convergent : seules des rotations longues (plus de 60 ans), combinées à une intensité d'exploitation réduite et à une diversification des essences commerciales, peuvent assurer la viabilité productive des forêts tropicales sur le long terme. Dans un contexte où les marchés se durcissent — réglementation européenne sur la déforestation (EUDR), exigences croissantes en matière de légalité et de traçabilité — disposer d'une base scientifique robuste pour orienter les pratiques n'est plus un luxe, mais une nécessité.
Ce projet, co-financé par le PFF et le réseau Geo-Trees (Smithsonian Institute), offre à la filière bois tropicaux une opportunité rare : celle de contribuer à façonner les standards de la sylviculture durable de demain, en étant partie prenante du processus scientifique dès son démarrage.
L'ATIBT suivra de près les travaux issus de cet atelier et vous informera des avancées du projet dans les prochains numéros de la Newsletter.
Contact: sist@cirad.fr