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Commission Forêt et Industrie du 11 septembre dernier : mise en œuvre de la CITES et évolution des modèles de gestion forestière

18.09.2026

Réunie le 11 septembre 2026, la Commission Forêt et Industrie de l’ATIBT a consacré ses échanges à trois dossiers stratégiques : la mise en œuvre de la CITES dans le bassin du Congo, l’évolution des modèles d’aménagement forestier et la valorisation des essences moins connues et moins utilisées. Ces travaux peuvent permettre au secteur de mieux anticiper les évolutions réglementaires, de renforcer ses bases scientifiques et de faire émerger de nouveaux débouchés. 

CITES Bassin du Congo : renforcer la cohérence scientifique  

La préparation des avis de commerce non préjudiciable (ACNP) sont une priorité dans les pays producteurs. Les échanges ont mis en évidence la nécessité de disposer d’ACNP nationaux, fondés sur des paramètres scientifiques harmonisés et officiellement validés par les administrations et les autorités scientifiques. L’harmonisation porte sur les accroissements, les taux de mortalité et de recrutement et les formules de calcul du taux de reconstitution. 

Au Gabon, l’ACNP du padouk a été publié le 10 septembre 2026. En République du Congo, l’objectif est de disposer dès 2027 d’ACNP nationaux reposant sur les données des concessions, mais validés et publiés par les autorités compétentes. Une note de service du ministère de l’Économie forestière, réorganisant l’organe de gestion et l’autorité scientifique, a été signée. Une réunion technique à Brazzaville permettra d’engager la rédaction d’un premier document national, et la CIB prépare une note technique sur les accroissements et le calcul du taux de reconstitution, destinée à l’ensemble des membres. En République centrafricaine, deux ACNP nationaux sont en cours de finalisation, dans le cadre d’une collaboration étroite entre administration, autorité scientifique et entreprises. 

Les membres ont également relevé des besoins de renforcement des capacités : formations aux ACNP, formation de classeurs de grumes et appui aux administrations et aux services douaniers pour la reconnaissance des essences, en particulier celles inscrites à la CITES. 

Les permis d’importation dans l’Union européenne restent une difficulté : les délais et l’incertitude administrative fragilisent les relations commerciales et pourraient conduire certains opérateurs à abandonner des essences inscrites à la CITES, indépendamment de l’état réel de la ressource. L’ATIBT continue à documenter les délais de traitement, les différences entre États membres, leurs conséquences économiques et les éventuels abandons d’essences. 

Aménagement forestier : préparer les plans de seconde génération 

Les premiers plans d’aménagement du bassin du Congo ont désormais vingt à trente ans et certaines concessions arrivent au terme de leur première rotation. Pour la première fois, les prévisions initiales peuvent être comparées à la mise en œuvre effective, à l’évolution de la ressource, aux prélèvements réalisés et aux transformations des marchés. Plusieurs projets doivent alimenter ce chantier : un futur projet FFEM attendu fin 2026 ou début 2027, des projets en préparation au Gabon et au Cameroun, ainsi que le projet OFAC-CE. 

Michael Kiamfu, de l’ERAIFT, FRMi et du CIRAD, a présenté le protocole d’une étude consacrée au bilan de l’aménagement forestier en Afrique centrale. S’appuyant sur une base de données de plus de 150 plans d’aménagement, ce travail doit notamment comparer les normes nationales, analyser les écarts entre planification et réalisation et examiner l’intégration progressive des enjeux climatiques, environnementaux et sociaux. Chaque donnée est tracée et une donnée absente est codée « manquante », et non comme une absence d’action ; la République centrafricaine a été identifiée comme terrain prioritaire. Les résultats attendus comprennent une matrice comparative des normes nationales, une analyse des écarts entre planification et exécution, une grille méthodologique réutilisable et des recommandations pour les plans de seconde génération. 

Les entreprises membres sont invitées à contribuer en partageant leurs plans annuels d’opération, leurs données de production, les historiques de mise en œuvre et les informations relatives aux volets social, environnemental et faunique, afin que le panel ne soit pas limité aux seules concessions certifiées. 

La Commission a par ailleurs examiné le manuscrit scientifique Conservation-First Forestry Concessions, issu de l’atelier de Montpellier, qui propose notamment des rotations pouvant atteindre soixante ans, une forte réduction des prélèvements et un dispositif financier et institutionnel dans lequel un financeur jouerait un rôle important dans la gestion des espaces forestiers. Tout en reconnaissant l’intérêt du débat, les membres ont relevé un modèle économique insuffisamment documenté, l’extrapolation de travaux issus d’autres régions tropicales et les réalités opérationnelles du bassin du Congo : une réduction excessive de la viabilité des concessions pourrait, paradoxalement, diminuer la valeur attachée au maintien de la forêt et accroître la pression en faveur d’autres usages des terres. 

Le taux de reconstitution montre aussi ses limites comme indicateur unique de durabilité : il ne mesure que la reconstitution du stock exploitable d’une essence entre deux rotations, et non la reconstitution écologique de la forêt, la structure des populations ou la capacité de reproduction de l’espèce. Des indicateurs complémentaires doivent donc être développés, portant sur la structure des populations, les diamètres de fructification, le maintien des semenciers et les fonctions écologiques de la forêt. 

Essences moins connues et moins utilisées : faire émerger des applications concrètes 

Dans le cadre du projet Tropical Timber Trade Facility (TTT), un projet financé par le gouvernement allemand, une méthodologie a été développée pour évaluer le potentiel d’une essence selon cinq dimensions : disponibilité de la ressource, propriétés techniques, attentes du marché, chaîne de valeur et positionnement commercial. Elle a été testée sur deux essences de concessions certifiées du bassin du Congo : le manilkara, proposé par Rougier Mokabi, et l’éveuss, proposé par Pallisco-CIFM. Une synthèse des résultats est disponible en ligne. 

Un comparateur a également été développé pour identifier des alternatives aux essences les plus commercialisées. Il compare 306 essences tropicales et tempérées à partir des propriétés et de la durabilité reprises dans les fiches Tropix du CIRAD, et ne permet qu’un premier tri : le coût, l’usinabilité et la disponibilité ne sont pas pris en compte. 

L’ATIBT lance un appel à manifestation d’intérêt pour constituer une communauté consacrée à ces essences. Producteurs, importateurs, transformateurs, architectes, designers, distributeurs et artisans sont invités à développer ensemble des applications concrètes (mobilier, objets, éléments architecturaux, aménagements, prototypes ou petites séries) et à documenter les conditions d’approvisionnement et de transformation, afin de rendre les solutions reproductibles. 

Pour toute information sur cette initiative, vous pouvez contacter Solène Gasnier Defaux, coordinatrice du projet TTT : solene.gasnier-defaux@atibt.org.  

La prochaine réunion de la Commission Forêt et Industrie se tiendra le 11 décembre 2026 à 10h (Heure de Paris).  

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